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Ce qui rend les enfants homophobes

Ecrit le vendredi 3 octobre 2008 , par Axel - visité 92820 fois

"Pédé !" est une insulte courante dans les cours d’école. Dès le primaire, sans trop savoir de quoi il retourne, les garçons s’en emparent. Plus tard, au collège et au lycée, l’injure est proférée en connaissance de cause.

"Dans notre rôle d’éducateur, la lutte contre l’homophobie est à mon sens un enjeu essentiel", a estimé le ministre de l’éducation nationale, Xavier Darcos, dans un entretien accordé au magazine gay Têtu. Pour la première fois dans la circulaire de rentrée, celle-ci figure comme l’une des dix grandes orientations prioritaires assignées aux recteurs.

Dans le courant du premier trimestre, une campagne nationale d’affichage sera organisée dans tous les lycées publics et dans les établissements privés qui en font la demande. Objectif : mieux faire connaître la ligne Azur créée par Sida Info Service en direction des jeunes qui s’interrogent sur leur orientation sexuelle.

A la différence d’autres discriminations comme le racisme ou l’antisémistisme, l’homophobie est un sentiment complexe qui renvoie à la construction de l’identité sexuelle. "Au départ, les nourrissons baignent dans un état de neutralité et de bisexualité psychique, explique Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste. Ils sont imprégnés d’éléments féminins et masculins. Ce n’est que petit à petit, au prix d’un cheminement difficile, qu’ils vont se reconnaître dans une identité sexuée."

Progressivement, le petit garçon va se construire dans un rejet du féminin. Il intégre les éléments définis comme masculins, à savoir ce qui est pénétrant, actif, dominant, par opposition à ce qui est pénétré, doux, passif. La société va accentuer ce phénomène en rangeant petites filles et petits garçons selon des stéréotypes souvent caricaturaux. "Tout ce travail aboutit, chez les petits garçons, à une méfiance, une terreur pour ce qui est de l’ordre de la passivité et de la pénétration", poursuit le psychiatre. Du coup, les garçons aux comportements féminins peuvent susciter un rejet de la part de leurs camarades en ce qu’ils contrecarrent la construction difficile de leur identité sexuelle.

Ces angoisses, qui s’apaisent pendant la phase de latence entre 6 ans et la puberté, vont ressurgir plus ou moins violemment au moment de l’adolescence. Il ne s’agit plus de construire son identité, mais son orientation sexuelle. "A cette période, l’homophobie peut devenir centrale", remarque Serge Hefez, les garçons ne supportant pas, chez les autres, ce qui peut mettre en danger leur construction identitaire.

MALAISE ET ANGOISSE

Pour Murielle Turchi, psychologue clinicienne, "tout adolescent vit une homophobie incontournable faisant partie de son développement psychosexuel". A cette période de la vie, les fantasmes infantiles inconscients autour de l’acte sexuel sont réactivés. Celui-ci fait peur, est perçu comme violent, d’autant plus s’il s’exerce entre deux hommes par la sodomie. Parce qu’il a peur de la sexualité, qu’il ne reconnaît plus son corps, source de malaise et d’angoisse, l’adolescent se rassure au travers d’un "hyper conformisme", caractéristique des jeunes de cet âge. "L’homophobie devient une sorte de code de conduite pour maintenir les hommes dans le bon chemin de la virilité hétérosexuelle", considère Murielle Turchi.

Cette période homophobe, davantage le fait des garçons que des filles, sera plus ou moins violente et durable en fonction de la propre histoire de ces jeunes. Pour Eric Verdier, psychologue-psychothérapeute, "plus on est homophobe, plus on a une part de bisexualité non assumée". Une fois adultes, les hétérosexuels les moins homophobes seraient ceux qui sont le plus à l’aise avec leur propre sexualité.

Jacques Lizé, président de SOS-Homophobie, distingue à travers les insultes dont sont victimes les homosexuels, trois composantes de l’homophobie. "Folle", "tata", "tarlouse", "hommasse" viennent du fait que les rôles traditionnellement assignés aux hommes et aux femmes sont transgressés. "Broutte-gazon", "enculé", "suceuse", "salope" assimilent l’homosexuel à un obsédé sexuel. Ces deux types d’insultes sont liés à l’influence de la religion qui assigne à la sexualité une fonction de reproduction et pas de plaisir. Enfin, avec pédéraste ("pédé", "pédale"), l’homosexuel est hérigé en suspect.

Pour prévenir l’homophobie, "il est fondamental que les éducateurs et les parents interviennent et rassurent les adolescents sur la sexualité, l’amour et la différence", assure Murielle Turchi. Reste qu’il n’est pas toujours évident pour les associations militant contre l’homophobie d’obtenir des agréments pour intervenir en salle de classe. La Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde) a lancé, en mai, un groupe de travail qui associe des représentants de l’éducation nationale, les associations et les parents d’élèves. Objectif : identifier les blocages et apporter des recommandations pour faire en sorte de les lever.

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